La violente et silencieuse poésie d’un récit exposé
À travers une approche symbolique et singulière, Charlotte Caragliu transforme des anecdotes en objets. Ses œuvres, comme une manière de s’approprier la vie, s’inspirent d’expériences vécues et d’un récit autobiographique qu’elle fige, sublime et offre à la contemplation. Pensées et élaborées comme des pièces de joaillerie, ses productions se caractérisent par une esthétique épurée du précieux, proche d’un cabinet de curiosités contemporain où se déploie un récit à la fois intime et universel.
Les thématiques de l’amour, de l’hommage, de la mort, de l’altérité, de l’acceptation de soi, de la violence et du souvenir traversent son travail. Lorsque le choc survient et que les mots manquent, l’œuvre prend le relais et devient allégorie. Charlotte Caragliu raconte et rompt avec le mutisme. Elle transforme l’histoire en matière au service de la création. Les péripéties de l’existence, belles ou complexes, sont érigées en alliées sous des formes plastiques et visuelles. Transmission et héritage se fusionnent avec liberté et partage, dans un calme ambiant.
Charlotte Caragliu explore plusieurs médiums et croise les techniques. Le volume y tient une place centrale, l’installation, l’écriture, la photographie, le dessin ou la mise en scène performative viennent également soutenir et prolonger son propos.
Le corps y apparaît souvent — palpable, impalpable, ou réduit à son ossature — à travers le moulage, l’image ou de par son absence. Elle emploie des matériaux tels que la résine, le marbre, le béton, l’acier, le verre, le miroir, la glace ou les os, choisis pour leur esthétique brute, parfois associés à des objets manufacturés détournés, qu’elle orne d’or, de paillettes ou de maquillage.
Tels des souvenirs suspendus, ses créations évoquent des vanités contemporaines où la fragilité de la vie humaine s’exprime dans une tension entre douceur et brutalité : la violente et silencieuse poésie d’un récit exposé.
























